Catherine FOURNIER - DANS LES HAUTS DE FRANCE

En deux ans, l’armateur Scopale a concrétisé un programme de cinq chalutiers qui, via un astucieux montage de copropriété, rend abordable l’achat de ce type de bateau par de jeunes patrons pêcheurs étaplois.

le « Manureva » est le dernier est le dernier né des cinq. D’où vient cette volonté de baptiser son bateau Manureva, qui fut le nom du trimaran d’Alain Colas, disparu dans l’Atlantique en même temps que son navigateur il y a plus de trente ans ?

« Beaucoup diront que nous sommes fous, relève Maxime Fait, copropriétaire avec Emmanuel Pauchet du Manureva de la Côte d’Opale. Avec un nom pareil, il ne faut pas être superstitieux. Ça tombe bien, nous ne le sommes pas. » Ce choix, c’est tout simplement un hommage à Alain Colas. « On s’est rendu compte par texto qu’on pensait au même nom », sourit Emmanuel Pauchet.

Âgé de 51 ans, ce patron-pêcheur étaplois s’est associé à Maxime Fait, de 23 ans son cadet. Lorsqu’il prendra sa retraite, la relève sera assurée et c’est ce qui fait tout l’intérêt des bateaux Scopale : offrir la possibilité à des jeunes du métier de disposer d’un chalutier tout neuf, sans se ruiner. Car les deux pêcheurs ne financent qu’un tiers du bateau (son prix : 2,8 M €), le reste étant à la charge du groupement d’investisseurs (*). Ce partenariat profite à toutes les branches, de l’armateur au distributeur.

Un sixième est en construction à la Socarenam d’Étaples
Le Manureva est en tout point conforme aux quatre premiers issus du chantier Padmos aux Pays-Bas (avec la coque construite à Dieppe).

 Ce ne sera pas le cas du sixième, en cours de construction à la Socarenam d’Étaples. Le chantier naval local a remporté le marché public pour le plus grand plaisir d’Éric Gosselin, le directeur de Scopale. Ce sixième chalutier sera plus petit (16 m de long, contre 19 pour les cinq premiers) et sera spécialisé dans la pêche à la coquille Saint-Jacques et au chalut pélagique. Ses propriétaires seront les frères Nicolas et Jean-Philippe Descharles, des marins étaplois qui souhaitent remplacer leur chalutier de 12 mètres. « Tant qu’on peut renouveler la flotte, on en profite », poursuit Éric Gosselin, qui a un candidat pour un septième navire. Reste la menace Brexit. Si la perspective d’un no deal continue d’inquiéter le monde de la pêche, elle n’influe pas sur les affaires.

 (*) La Scapêche (groupe Intermarché), la Coopérative des pêcheurs d’Opale et l’armateur boulonnais Le Garrec

Article extrait de la "Voix du Nord"

 

 

 

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