Catherine FOURNIER - AU SENAT

"Ma question porte sur l’article 40 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019, qui ouvre le droit aux familles à un bilan d’intervention précoce et de dépistage des troubles du neurodéveloppement de l’enfant.

Grandement attendue par les familles Edouard Philippe a annoncé le 6 avril dernier « une stratégie nationale pour l’autisme au sein des troubles du neuro développement », il semble que cette mesure, pourtant animée des meilleures intentions, fasse l’objet de réactions fondées.

  • La première concerne le champ retenu. Les « troubles du neuro-développement » ont l’avantage d’englober sous un même terme les formes diverses du handicap d’origine neurologique. Ils présentent néanmoins le risque d’une assimilation contreproductive entre troubles du spectre de l’autisme, troubles de l’apprentissage, troubles de l’attention et troubles de la déficience intellectuelle.

Les âges de détection des handicaps et les réponses à leur apporter ne sont pas, par définition, les mêmes. L’article 40, en proposant une réponse trop globale, manque « in fine son objectif ».

  • La deuxième concerne l’acteur chargé de l’organisation de ce bilan d’intervention précoce. L’article 40 vise les centres d’action médico-sociale précoce, les centres médico-psychologiques, mais aussi les établissements de santé psychiatrique. Ce dernier ne cesse d’inquiéter les familles, qui peinent encore aujourd’hui à faire reconnaître que le handicap neurologique ne doit pas être traité comme la maladie mentale.L’inquiétude et les craintes liées à l’histoire des pratiques en France, notamment à la psychanalyse resurgissent et je fais référence à l’excellent rapport réalisé par Valérie Létard lors de la mise en place du plan autisme en 2011.

Après l’abandon de ce qui était regroupé sous le terme « psychoses infantiles », une stratégie qui nierait les spécificités des individus et de l’autisme serait un recul.

L’attente au travers de la création « du forfait bilan et intervention précoce » est immense pour les accompagnants. En leur nom, Madame la Ministre, pouvez-vous expliciter l’intention réelle de cet article 40 ?, et où y positionnez-vous l’autisme ?

vidéo de mon intervention et réponse ministre

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